Le seuil d’acceptabilité face à l’adaptabilité

Adaptabilité

Le seuil d’acceptabilité face à l’adaptabilité

Chaque entreprise, aussi souple soit-elle, a besoin de règles et de procédures pour optimiser son fonctionnement et organiser ses missions. Par leur truchement, la structure affirme et affine son identité. Les individus y adhérent pour former une entité collective efficiente.

En recherche permanente de cohérence

Il est essentiel de se rappeler que la question de l’efficience ne repose pas que sur le fonctionnement interne de l’entreprise ou sur la performance des individus. L’efficience repose sur l’adaptabilité au contexte. S’il fallait illustrer : la calèche est un moyen de transport extrêmement performant. Son efficience à transmettre une information est pourtant aujourd’hui bien inférieure au mail.

Il arrive toujours un moment où la performance des individus, voire de l’entreprise, se heurte aux règles. La raison est souvent assez simple : pour faire face à des évolutions technologiques, de marché, de climat ou autre… l’entreprise définit de nouvelles procédures. C’est on ne peut plus pertinent. Pourtant, il se trouve que les règles qui avaient justement perdu de leur pertinence, ne soient pas envoyées au compost. Elles ne peuvent donc pas régénérer efficacement l’organisation.

Du difficile équilibre entre adaptabilité et acceptabilité

Pour les entreprises, et a fortiori les marques employeur, l’accélération du changement nécessaire présente un risque de perte d’adhésion des équipes qui auront le sentiment d’être confrontées à une direction de girouettes.
Si on sensibilise de plus en plus aux risques de l’hyperspécialisation et qu’on encourage à la polyvalence par le déploiement des soft skills, l’adaptabilité n’est pas pour autant facile dans un monde pensé pour que les individus soient en recherche de sécurité permanente, donc de repères tangibles et rassurants.

 

Il serait certes dangereux dans un monde en mouvement de ne rien changer à son mode de fonctionnement, mais cela serait moins déstabilisant pour les équipes. On tombe quasiment dans le syllogisme comportemental : le danger serait plus rassurant.

 

S’il est des bases du management, l’une serait certainement que les règles soient bien connues et comprises, mais surtout qu’elles paraissent cohérentes à ceux qui veulent les appliquer (si tant est qu’au 21e siècle, un individu puisse avoir pour mission d’appliquer une règle et non pour règle de suivre sa mission…). Claires et concises, chargées de sens et intégrées dans un objectif global qui dépasse le rôle de l’individu, les règles se heurtent toutefois encore aux mutations. S’ils changent, les processus doivent rester connus, compris et cohérents…

 

On aura compris que la rigidité fonctionelle comme la rigidité d’esprit n’ont de place que très temporaire dans nos écosystèmes en transition. La souplesse toutefois ne suffit pas à nous sortir du buisson d’épines.

La co-construction est-elle la clef des organisations de demain ?

Il n’y a d’équilibre que dans le mouvement (et ce n’est pas valable qu’à bicyclette). Pour que l’écosystème entrepreneurial reste efficient, il doit rester connecté et donc en mouvement, avec les autres échelons auxquels il appartient ainsi que les écosystèmes avec lesquels il entretient des interactions.

 

Pour que les décisions inhérentes au bon fonctionnement de l’entreprise soient prises, elles doivent être nourries d’informations aussi multiples que diverses, provenant de toute part de l’organisme. Si nos papilles frétillent à l’idée de saisir cette mûre nichée dans les ronces, la sensibilité de nos mains nous invite par exemple à la délicatesse et à la concentration. Bref, ce n’est pas que la tête qui décide.

 

Inspirées des mouvements sur la sociocratie et autres expériences d’intelligence collective, la co-construction a le vent en poupe. Elle s’essaie depuis quelques années dans les entreprises et se retrouve confrontée inévitablement aux mécaniques de la société de marché et ces vieux principes concurrentiels.

 

Le collaboratif est un apprentissage (un réapprentissage logiquement)… qui va nécessité de nouvelles règles et de nouveaux processus pour générer de l’adhésion. Mais il est plus facile d’accepter les règles comme leurs changements quand on les comprend, parce qu’on a participé à les construire.

 

Le dialogue, l’écoute et l’expérimentation aideront à améliorer le sens du collectif nécessaire au dépassement du seuil d’acceptabilité face aux besoins d’adaptabilité.