Vivez pleinement votre vie professionnelle

Il y a quelques années, j’ai croisé une femme qui venait de perdre son emploi. Elle avait alors la cinquantaine passée. La boîte pour laquelle elle bossait l’avait remerciée en deux mots : licenciement économique. 30 années  de sacrifices routiniers pour un patron sans visage avaient été balayés d’un coup de crayon sur un petit chèque.

Aimez ce que vous faîtes

Elle avait d’abord pensé qu’en rompant son contrat, son ancien employeur lui avait fait boire la cigüe. Elle l’ignorait encore, mais le bourreau, malgré lui, avait ouvert la cage aux oiseaux.

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La sinistrose ambiante et la pression sociale l’avaient convaincue qu’elle vivait une situation encore plus dramatique que ce qu’elle pensait. Jamais elle ne retrouverait de travail à son âge. Ah le travail, cette douce torture érigée en valeur, comme pilier d’une société qui se sait malade et qui regarde la gangrène attaquer ses membres un par un…

Sous la sinistre oraison de sa vie d’employée, j’entendais résonner le carillon d’un espoir. Elle n’allait donc pas chercher de travail. Nulle intention pour autant d’abandonner la vie. Alors comme une respiration après une apnée trop longue, elle s’est demandée ce qu’elle aimerait faire.

Donnez du sens à ce que vous faîtes

Le terme « employé » vient du latin implicare, impliquer. Pourtant, bien souvent, l’employé est considéré comme une ressource parmi d’autres, à la seule différence qu’elle est qualifiée d’humaine dans les lignes comptables. Oui, dans un univers consumériste, on peut encore clamer haut et fort que l’humain est une ressource.

Là réside une faille majeure du monde du salariat : l’implication de l’employé ou plutôt son manque d’implication. Trop souvent réduit à un rôle d’exécutant, et à la masse salariale qu’il représente, l’employé n’est que rarement engagé  dans la vie de l’entreprise et dans les décisions qui gouvernent à la trajectoire du navire.

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Or, pour être impliqué, le salarié a besoin de donner du sens à ses gestes quotidiens. Mais dans ce domaine, la simple dimension « gagne-pain » de son activité pèse bien peu dans la balance de l’épanouissement. Même bien nourri, celui qui rame sans voir l’horizon et sans avoir jamais la possibilité d’approcher le gouvernail, n’aura jamais le sentiment de liberté de celui qui mène sa barque.

Revenons-en à cette dame en transition forcée : la perte de son emploi la projeta avec encore plus d’élan sur la question du sens de son existence professionnelle. Privée d’emploi, il lui fallait désormais s’impliquer pour donner du sens.

Essayez pour ne rien regretter

J’ai recroisé cette dame 6 mois après notre première rencontre. Elle avait créé son autoentreprise et aidait particuliers et entreprises dans certaines tâches administratives. Ses revenus étaient bien inférieurs à ce qu’elle touchait en tant que salariée et elle ne cachait pas qu’il était difficile de trouver les clients. Mais quelque chose avait changé.

« Les fins de mois ne sont pas évidentes à boucler, en revanche, j’ai enfin le sentiment de vivre ma vie. »

Elle faisait désormais quelque chose qui lui plaisait. Bien sûr, ce ne sont pas les tâches administratives en elles-mêmes qui la réjouissaient. Elle faisait les choses pour elle-même ou pour ses clients. Dans tous les cas, elle savait pourquoi. Elle trouvait également du sens dans sa nouvelle vie parce qu’elle avait repris les commandes. Il ne dépendait que d’elle de se lever à 5h30 ou à 10h le matin, de démarcher de nouveaux prospects ou d’aller se promener sur la plage, d’accepter une mission ou de la refuser.

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Je ne sais si cette dame a poursuivi son aventure entrepreuneuriale ou si son dynamisme lui aura permis d’intégrer une nouvelle équipe comme salariée plus épanouie et plus affirmée. J’aime en tout cas retenir de cette rencontre que rien d’heureux ne peut se faire sans passion.

Faites en sorte d’aimer ce que vous faites… ou de faire ce que vous aimez.